Laïcité : Je veux l’Etat chez lui et l’église chez elle

Dans la laïcité il y a d’abord l’idée d’unité, celle du laos, qui en grec veut dire « peuple indivisible. »

Il ne s’agit pas de nier les différences. L’unité n’est pas l’uniformité, mais ce n’est pas non plus ce que l’on appelle communément le communautarisme. Avant d’être différents, les êtres humains sont ressemblants. Ils sont plus exactement porteurs d’humanité et de citoyenneté.

La laïcité unit, par la conjugaison de trois principes fondamentaux : la liberté de conscience, la stricte égalité des droits et l’orientation de la puissance publique vers l’intérêt général, commun à tous. Il s’agit ainsi de l’application de notre triptyque : Liberté, Égalité, Fraternité, qui devrait guider toutes nos politiques républicaines.

Réfléchissons, est-ce véritablement le cas ?

La liberté de conscience, qui n’a jamais été une évidence, l’est encore moins aujourd’hui. La stricte égalité des droits devient malheureusement pour nombre de nos concitoyens une fable. Enfin, l’orientation des politiques publiques vers l’intérêt général ressemble de plus en plus à une pétition de principe sans grande réalité.

Notre corps social se délite et l’école de la République, pilier du vivre ensemble et donc de la laïcité, est depuis longtemps déjà en crise.

Je le dit sans ambage : l’école publique est directement affaiblie par des politiques publiques qui l’ont remise en cause en tant qu’école républicaine et laïque. Cela ne date pas des dernières années. La laïcité, pour être véritable, implique des politiques exigeantes qui bousculent finalement toujours ce que l’on croit naturel dans nos pratiques et nos croyances.

On a, par exemple, relativisé l’acte d’instruire. C’est une grave erreur. Ce n’est pas le savoir que l’on doit démocratiser mais l’accès au savoir. Ce n’est pas du tout la même chose.

Le drame, le traumatisme toujours présent que nous avons vécu avec les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard, même s’il comporte bien d’autres aspects, en est malheureusement une des illustrations. Et puis ces assassinats, dont nous n’avons pas encore mesuré en profondeur toutes les conséquences malgré le bruit médiatique, renvoient à une confusion, parfois entretenue, entre laïcité et démarche antireligieuse.

En ces temps de confusion, il est important de rappeler que c’est un contresens mortifère. La laïcité n’a jamais été hostile à la religion en tant que telle. Elle a même été portée, dans un certain nombre de cas, par des croyants.

On doit à Victor Hugo cette formule célèbre qui résonne étrangement aujourd’hui : « Je veux l’État chez lui et l’Eglise chez elle ». Un beau et indispensable programme républicain, comme un hommage à ces professeurs auxquels je pense encore et encore.

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