Censure : il faut en finir avec la lepenisation du pouvoir !

La course à l’échalote s’accélère.


Chaque jour, un nouveau seuil est franchi dans la surenchère sécuritaire et identitaire. Gabriel Attal, désormais lancé dans une poursuite effrénée pour rivaliser avec Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, s’aventure toujours plus loin sur le terrain de la fermeté, pensant capter un électorat avide d’ordre et d’autorité.


Bruno Retailleau, lui, ne feint même plus la mesure : il se veut plus royaliste que le roi, offrant aux mots de l’extrême droite le confort de la loi. Ainsi, par exemple, la naturalisation est devenue une épreuve quasi initiatique, dont les nouvelles exigences frisent l’absurde.


Jugez plutôt : les tests linguistiques imposés aux candidats à la nationalité française sont si retors que bien des Français eux-mêmes y échoueraient. La presse britannique s’en amuse, L’Œil du 20h de France 2 le relaie : il faudrait connaître Molière mieux que les Français eux-mêmes pour avoir droit à leur passeport. Mais là n’est pas l’objectif. Derrière l’exigence affichée de maîtrise du français se cache une stratégie bien plus lâche : dresser des murs, trier, refuser.


Gérald Darmanin, quant à lui, ne pouvait rester en retrait. S’emparant de la croisade d’Attal sur la justice des mineurs, il pousse plus loin encore l’escalade répressive, cherchant à incarner l’homme de fer du gouvernement. Son discours, toujours plus décomplexé, dessine une ligne : celle du renoncement progressif aux principes fondamentaux de la République, au profit d’une politique de l’affichage.


Alors, faut-il s’étonner de déposer une motion de censure ?


Certains s’interrogent. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas plus tôt ?


La réponse tient en un mot : la cohérence.


Nous n’avons pas soutenu les précédentes motions, car elles portaient sur le budget, et qu’une chute du gouvernement, sans alternative construite, aurait précipité le pays dans l’instabilité. J’assume de dire qu’il ne saurait y avoir d’opposition sans responsabilité.


Mais aujourd’hui, l’enjeu n’est plus budgétaire. Il est d’une autre nature : il s’agit d’une ligne rouge, d’un point de bascule. Non plus seulement des discours, mais une stratégie assumée : banaliser l’idéologie réactionnaire, accoutumer les esprits aux renoncements, distiller dans le débat public un poison identitaire.


Il serait illusoire d’y voir de simples dérapages. Il s’agit d’un glissement, d’une métamorphose progressive d’un pouvoir où l’opportunisme se confond avec la conviction, où l’on pactise en silence avec des idées que l’on feignait hier encore de combattre.

Or, il est des moments où l’histoire exige des choix clairs. Celui-ci en est un.

On nous rétorquera que cette censure ne renversera pas le gouvernement. Certes. Mais elle fixera un cap. Elle marquera un refus. Elle dira que nous ne serons ni les témoins muets ni les complices passifs. Car il est des renoncements qui condamnent, des silences qui trahissent.

Certains préfèrent la pureté des postures et l’anathème à la rigueur du combat politique. Ils distribuent des brevets de gauche comme on lance des invectives, persuadés qu’un mot suffit à disqualifier un parcours politique. Mais la gauche n’est pas un label, c’est une exigence : celle de ne pas se satisfaire de slogans, mais d’agir là où cela compte. Il y a une différence entre crier et construire, entre condamner et combattre.

Car le combat face à nous est bien plus grand. Au-delà de nos propres frontières, une internationale réactionnaire se déploie. De Trump à Musk, de Meloni à Orban, un même projet prend forme : celui d’un autoritarisme qui avance masqué, dissimulé sous des airs de pragmatisme et d’efficacité. En France, la lepénisation du gouvernement, amorcée jusque dans les discours de Bayrou, ouvre la voie à ce basculement. Ce n’est pas seulement un affrontement partisan qui se joue, mais une bataille pour notre démocratie.

C’est pourquoi nous serons présents mercredi.

Non pour un geste symbolique, mais pour tracer une limite. Pour affirmer que la République ne se négocie pas, que la démocratie ne se monnaye pas, que l’État de droit ne saurait s’incliner devant des calculs politiciens.

Ceux qui s’accommodent du pire en porteront la responsabilité. Nous, nous choisissons le combat. Un combat sans faux-semblants, sans prudence électorale, sans langue de bois.

Nous voterons cette censure pour dire que la dérive n’est pas une fatalité. Que la République n’a pas à s’endurcir pour exister. Que la démocratie n’a pas à se raidir pour se faire respecter.

Et quoi qu’il advienne, nous continuerons le combat.

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